COMMUNIQUÉS  COMMANDER UN CAHIER  LETTRE DE DIFFUSION  PROPOSER UN ÉVÉNEMENT, UNE INITIATIVE  FORUMS 
Grand Lyon
AccueilSociétéDéveloppement durablePolitiquesMétropole
PolitiquesPolitiques
RechercheAide à la recherche
Recherche avancée / Archives
»Développement économique
»Politique de la ville
»Habitat
»Eau
»Voirie
»Aménagement et urbanisme
» Ecologie urbaine
Vivre ensemble et libertés individuelles
Penser global-Agir local
»Propreté
»Relations internationales
»Management public
»Finances locales
»Planification / Stratégie
»Foncier / Immobilier
»Communication institutionnelle

Vous êtes ici : Accueil > Politiques > Politiques > Ecologie urbaine > Penser global-Agir local : Interviews
Affichage de la ressource
 
 
Retour à la liste
 
Denis HODEAU : "Nous ne pouvons plus nous retrancher derrière le statut du technicien "qui a réponse à tout"."

Entretien avec Denis Hodeau, directeur de l’eau et de l’assainissement du Grand Lyon.
Interview réalisée par Brigitte Yvray-Danguis- mai 2006


Date : 30/05/2006

La Direction de l'eau est responsable de la production et de l'alimentation en eau potable de l'agglomératin ainsi que de la collecte,  du transport et de l'assainissement des eaux usées. Outre ces missions usuelles, n'a-t-elle pas un rôle à jouer dans la préservation du patrimoine pour les générations futures ? Quels sont les moyens dont elle dipose ? N'a-t-elle pas une responsabilité au niveau de l'éducation à l'environnement ?


______________________________________________


 Pouvez-vous, brièvement, nous expliquer quel est le champ d’action de la direction de l’eau ?
Nous sommes investis des missions très traditionnelles dans nos pays, de production et d’alimentation en eau potable de l’agglomération. Avec une préoccupation très présente qui consiste à satisfaire non seulement les besoins présents mais aussi à préserver les besoins des générations futures. Nous assurons également la collecte, le transport et l’assainissement des eaux usées, ainsi que la gestion des eaux de pluie.


Notre direction recherche en permanence le bon compromis entre la qualité des services qu’elle offre et les coûts qui doivent rester acceptables pour les bénéficiaires.


La nécessité d’agir dans le cadre du développement durable, concrétisée au Grand Lyon par l’adoption d’un Agenda 21, impacte-t’elle votre action ? Si oui, de quelle façon ?
Avec le champ captant de Crépieux-Charmy, vaste île du Rhône, l’agglomération lyonnaise bénéficie d’un site exceptionnel qui lui assure ses réserves en eau potable, d’une très grande qualité. Nous agissons dans ce domaine de la gestion de l’eau avec le souci constant de préserver ces sites et cette ressource naturelle. Il y a là un très fort enjeu de maintien de ce patrimoine et c’est ce qui fonde, en grande partie l’action du Grand Lyon. C’est d’ailleurs dans ce même esprit que les élus lyonnais se sont engagés dans des opérations de coopération décentralisée et avec le Fonds eau pour œuvrer, dans ce sens, au plan international : l’eau, c’est la vie.


Quels sont les moyens ou leviers d’action dont vous disposez pour préserver cette ressource naturelle ?
La gestion de l’eau repose sur tout un dispositif réglementaire, très touffu et sur la volonté politique des élus de l’agglomération. Le revers de la médaille, c’est que le dispositif juridique est tellement riche que, du coup, sa mise en œuvre s’avère parfois difficile !


De fait, en terme de planification et d’anticipation, la gestion de l’eau est inscrite et oriente si nécessaire le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) et les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU). Le schéma d’aménagement d’eau potable permet de travailler, en amont, sur des diagnostics et des préconisations pour gérer les éventuels conflits d’usage. Le schéma d’assainissement s’inscrit fondamentalement dans des préoccupations d’hygiène et de santé publique.


On imagine aisément que des conflits d’usage portent sur l’utilisation de l’eau dans les activités de type industriel, c’est toujours une réalité ?
Ca reste vrai, mais plus des trois quarts de l’eau prélevée au milieu naturel est utilisée par l’agriculture. Il y a là un enjeu très fort pour que l’eau soit utilisée dans le cadre des principes d’une agriculture raisonnée. Arroser en plein soleil est inefficace, c’est vrai aussi pour les jardins ! Ne pas utiliser de façon immodérée les engrais et pesticides constitue là de vrais enjeux de préservation des ressources naturelles ; c’est à la puissance publique de porter et d’apporter des réponses concrètes à ces enjeux.


La collectivité elle-même a à répondre de sa propre utilisation de l’eau ! Les habitants de l’agglomération nous reprochent souvent d’utiliser de l’eau potable pour le lavage des voies !


Quelle réponse apportez-vous à ce type de remarques, est-il possible de nettoyer les trottoirs autrement ?
On peut effectivement apporter, de façon abrupte, une réponse technique, dire que ça coûterait plus cher de faire autrement, qu’il faudrait un double réseau etc. Mais ces reproches doivent nous interpeller autrement. Ils témoignent d’une prise de conscience des enjeux liés à l’eau par le citoyen. Apprenons donc à l’écouter, à discuter avec lui, pour comprendre ses attentes et construire ensemble le service public qu’il lui faut. De plus en plus, on réalise, en tant que professionnels, en tant que citoyens, que la collectivité ne peut plus se retrancher derrière un argumentaire technique aussi catégorique, qui, de toute façon ne sera pas entendu et par conséquent pas accepté par les habitants. Au final, cela ne permet pas de faire progresser le service public et l’implication citoyenne. Nous avons là des progrès énormes à faire, et cette prise de conscience commence à venir, nous commençons à travailler activement sur les questions de concertation et de démocratie participative.


Vous semblez dire qu’il y a là un enjeu de rapprochement des collectivités et des citoyens. Comment pensez-vous que cette évolution soit possible ?
En préalable, il devient indispensable d’amener les citoyens à un niveau de connaissance suffisant de nos métiers et les actions de communication, certes très utiles, n’y suffisent pas. Il faut, pour tout un chacun, pouvoir appréhender les compétences et le métier des techniciens. Du coté de la structure Grand Lyon et de ses professionnels, cela suppose une véritable remise en cause, en terme de posture professionnelle ; nous ne pouvons plus nous retrancher derrière le statut du technicien « qui a réponse à tout », il faut évoluer les choses, et cela prendra quelques années. Notre encadrement est sensibilisé à la nécessité de se rapprocher des aspirations des usagers et, autant d’agents, autant de relais pour dialoguer. Nos agents de terrain sont souvent interpellés, leur donner les moyens de mieux répondre est nécessaire et ne peut à terme qu’enrichir leur métier et leurs fonctions.


Le développement durable, c’est un affichage, un effet de mode ou une tendance lourde ? Les expériences et les initiatives inspirées par les valeurs du développement durable sont-elles utiles et véritablement vecteurs de changement ?
C’est loin d’être un affichage, le développement durable véhicule un ensemble d’idées pertinentes qui doivent nous permettre d’avancer et toute notre action, à la direction de l’eau, comme dans d’autres directions du Grand Lyon, s’inscrit désormais dans les valeurs véhiculées par le concept de développement durable, dans toutes ses dimensions.


Redécouvrir que la pluie c’est notre ressource qui revient du ciel et non pas l’élément perturbateur de nos week-ends ou un déchet dont on se débarrasse, cela contribue à faire prendre conscience de la nécessité de préserver nos ressources naturelles. Nous devons encourager toutes les initiatives qui au-delà de leur utilité propre contribuent à modifier notre regard sur l’environnement. On peut citer par exemple les immeubles homologués Haute Qualité Environnementale (HQE) dans lesquels un système de récupération des eaux pluviales est prévu pour alimenter les sanitaires. Ces expériences sont loin d’être anecdotiques ; la récupération des eaux pluies nous renvoie au cycle naturel de l’eau, et à une utilisation plus rationnelle des ressources qu’en tant qu’urbain nous avons tendance à oublier, voire à décrier !


Une dernière question sur la gestion de la distribution de l’eau qui est déléguée dans le cadre de contrats de longue durée, quelles sont les perspectives de la collectivité, en la matière ?
Historiquement, lorsque la Communauté urbaine a été créée, la collectivité a repris les contrats existants dans certaines communes. En 1986, la gestion déléguée sous forme d’affermage a été généralisée pour une durée de 30 ans. Nous travaillons autant que possible à l’amélioration de ces contrats et préparons les choses pour que le moment venu, l’exécutif communautaire puisse choisir le meilleur mode de gestion en toute connaissance de cause.



Téléchargements
> DHodeau.pdf (pdf-30ko)
Fiche actualisée le : 06/07/2006
 
Fiche indéxée dans :
Société » Développement Urbain et Métropolisation »» Management urbain / Planification
Société » Environnement »» Gestion des milieux / éducation à l'environnement
Politiques » Eau »» Préoccupation citoyenne
Politiques » Eau »» Préservation de la ressource
Politiques » Ecologie urbaine »» Penser global-Agir local
Politiques » Management public »» Besoins des usagers
Développement durable » Collectivités »» Eco-responsabilité
Développement durable » Eau / air »» Cycle urbain de l’eau
 
Version imprimable

Affichage de la ressource
  Connaître la métropole :
»Acteurs (2)
»Institutions (3)
»Initiatives (5)
»Sites (10)
»Médias (1)
»Evènements récurrents (4)
 
 Partager la réflexion :
»Nos publications (3)
»Textes d'auteur (3)
»Interviews (13)
»Rapports (2)
»Documents officiels (7)
 
 Comprendre :
»Synthèses (3)
»Chiffres et cartes (1)
»Gros plans (2)
»Dispositifs pédagogiques (1)
 

Affichage de la ressource

   Aucun résultat


 QUI SOMMES-NOUS  AIDE  CONTACTS  MENTIONS LÉGALES  Grand Lyon