Un mode doux de déplacement inédit, implanté à Lyon
Le Cyclopolitain est un modèle et une marque déposés de vélo à trois roues conçu pour transporter deux personnes. Le conducteur, appelé Cyclonaute, pédale à l’avant, assisté d’un moteur électrique, tandis que les passagers, assis à l’arrière, sont protégés du soleil et de la pluie par une coque. Ces vélos-taxis empruntent en priorité les pistes cyclables, les rues piétonnes (à faible allure), mais également toutes les voies de circulations. Ils circulent dans toutes les rues de la presqu’île, de la place des Terreaux à la place Carnot, et desservent aussi les quartiers Saint-Jean et Saint-Paul. Depuis septembre 2006, le périmètre desservi est étendu à la Part-Dieu et au Parc de la Tête d’Or. Comme un taxi, le Cyclopolitain prend ses clients sur son passage ou à domicile sur réservation, tous les jours (sauf le dimanche) entre 11 H et 19 H, de début mars à la veille de Noël.
« Le taxi du peuple » et des touristes
Cette initiative, qui va dans le sens d’un développement des modes doux de déplacement en milieu urbain, a été motivée par la volonté d’amener un réel changement dans la manière de concevoir la ville et de rendre service à ses habitants et ses usagers. Sous ses lignes résolument modernes, le Cyclopolitain donne forme avec humour et poésie à une idée des transports urbains défendant à la fois la qualité de l’environnement et l’accessibilité à tous. Cette manière de véhiculer les personnes s’inspire des «pousse-pousse » des villes asiatiques, mais son adaptation à Lyon vise autant à faciliter les déplacements de la population habitante et/ou active qu’à transporter des touristes. Le Cyclopolitain propose en effet deux types de services : une Cyclocourse, à partir d’un euro par passager (tarif : un euro par passager et par kilomètre), pratique pour se rendre à un rendez-vous, aller faire une course, transporter des paquets, etc. ; un Cyclotour, agréable pour une promenade touristique d’une demi-heure. Parmi les clients du Cyclopolitain, on peut donc tout aussi bien rencontrer un étranger en visite, qu’une personne âgée qui attend que l’on vienne la chercher chez elle pour aller au supermarché, ou encore un cadre d’entreprise qui souhaite être amené au parking où stationne sa voiture. Des centaines de personnes sont ainsi transportées chaque jour, et la barre du 10.000ème client a été franchie après seulement 4 mois effectifs de circulation (novembre et décembre 2003, mars et avril 2004) - qui ont prouvé aussi que la cohabitation avec les piétons, les automobiles et les transports en commun était possible. Le partage de l’espace public, qui interdit la circulation motorisée (place des Terreaux, rue de la République, place Bellecour, rue Victor Hugo) est en ce sens remarquable.
Une expansion programmée
A l’origine, il s’agissait d’un projet d’étudiants en première année à l’Ecole de Management de Lyon qui avait été primé en interne. Encouragés à concrétiser leur idée, les lauréats, Sarah Dufour et Gérald Lévy, ont décidé de créer une SARL, et c’est à l’issue de deux ans et demi de préparation que les Cyclopolitains se sont immiscés dans la circulation lyonnaise… et sont entrés dans le paysage urbain. Outre le transport de particuliers, l’entreprise assure aussi une activité publicitaire. En effet, les véhicules sont « habillés » en fonction d’annonceurs qui souhaitent utiliser le caractère écologique et dynamique, le profil design et sympathique du Cyclopolitain pour faire leur propre promotion. L’entreprise, qui existe depuis mai 2003, a été soutenue par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon qui lui a attribué le label Novacité et récompensé ses créateurs d’un Nova d’Or de l’espoir en 2003. Par ailleurs, Cyclopolitain a également reçu le premier prix de la Fondation BMW et le 2ème prix de la Fondation Jacques Douce la même année. Les partenaires et soutiens de cette initiative sont donc nombreux : la CCI de Lyon, le réseau Rhône-Alpes Entreprendre, l’ADEME, les assurances Rhodia, le cabinet Cauchepin et EDF.
Installée dans des garages en réhabilitation à proximité des Terreaux, l’entreprise possède une flotte de 10 véhicules (dont elle est aussi le constructeur) et emploie actuellement une vingtaine de personnes. Enfin, les Cyclopolitains apparaissent également dans d’autres villes françaises, comme par exemple à Nice, qui en compte cinq depuis mai 2005.