Jérôme Dumoulin, directeur des rédaction de "Elle à table", a construit cet ouvrage à partir de réminiscences personnelles.
Il a demandé à Nicolas Le Bec de les illustrer par des recettes qui s’avèrent d’une simplicité et d’une grande primitivité.
Dans ce livre, il est fait appel aux quatre éléments : le charbon et le bois pour fumer la viande et les poissons, l’eau de mer pour redonner vie et immensité au goût, la terre révélée par une truffe sous la cendre, et l’air grâce à la légèreté des blancs en neige fréquemment utilisés.
Les saveurs élémentaires du goût sont à l’honneur : amertume, pourritures nobles, laitances…
Consacré meilleur chef 2002 par Gault et Millau, Nicolas Le Bec ne nous enverrait-il pas ici un signal fort de nécessité de dépasser l’hypocrisie de la société de consommation et de ses produits certifiés plus rassurants les uns que les autres ? La véritable essence de la nourriture ne serait-elle pas d’avantage dans les matières minérales qu’elle nous fournit ?
En tout cas, ce livre nous renvoie à la magie de la découverte du feu, qui parce que ses flammes nous subjuguent, nous invite à la méditation.
Traditionnellement connue pour sa cuisine riche, la nouvelle génération de chef lyonnais ne cherche-t-elle pas à transformer cette image ?