Une approche transversale de la santé mentale
Présidé par un élu de l’arrondissement ou de la commune, un conseil local de santé mental se réunit plusieurs fois par an, en lien avec les secteurs de psychiatrie publique. L’intérêt d’une telle instance locale est dû à l’émergence de questions transversales ou frontières à différents professionnels, qui impliquent, parfois en des termes ou définitions différents, le politique, le champ social et le champ du soin : ces questions suscitent la nécessité de penser ensemble des problématiques communes à tous, mais qui restent particulières à chacun. C’est localement qu’un tel travail peut s’effectuer.
L’organisation d’un travail partenarial territorialisé est une vocation déjà ancienne de la psychiatrie publique.
Déjà, les circulaires relatives aux orientations de la politique de santé mentale du 12 décembre 1972, du 9 mai 1974 puis celle du 14 mars 1990, recommandaient la création de Conseils de Santé Mentale de secteur. Le plan santé mentale de 2001 du Ministère de la Santé intégrait également le « développement des partenariats locaux entre les acteurs concernés par la santé mentale » comme un axe majeur d’évolution de la psychiatrie publique. Le dernier plan santé mentale de 2005/2009 préconise encore la mise en œuvre du « développement des réseaux en santé mentale » en incitant la participation de « tous les partenaires impliqués » : secteurs de psychiatrie, médecins généralistes, médecins spécialistes, professionnels du champ social, représentants des usagers et des familles, professionnels de l’Education Nationale, de la justice et des institutions du champ sanitaire.
L’objectif est de permettre l’émergence d’une politique de santé mentale et de tendre vers une culture commune de la santé mentale sur les territoires. La création et les objectifs d’un Conseil Local de Santé Mentale peuvent être différents d’un territoire à un autre. Ils dépendent de l’histoire des secteurs et des liens existants. Mais, en tout lieu, il doit permettre la connaissance ou la reconnaissance des professionnels travaillant dans le champ de la santé mentale, être un lieu d’information, d’échanges, de mise en œuvre d’actions partenariales… Les conseils locaux de santé mentale s’organisent généralement autour d’instances plénières et de comités de pilotage alimentés par des groupes de travail mis en place à partir de priorités communes : prise en charge des adolescents, soutien à la parentalité, accès aux soins, intégration des personnes handicapées dans la cité, logement et souffrance psychique, isolement, soutien aux professionnels, travail en réseau… sont autant de chantiers mis en œuvre au sein des CLSM. Certains axes de travail peuvent faire l’objet d’actions partenariales parfois soutenues par les municipalités et l’Etat.
À l’exception du Conseil de Givors, créé en 1982, de nombreux Conseils Locaux de Santé Mentale ont vu le jour dans le Rhône à la fin des années 90 et au début des années 2000 : Villeurbanne, Caluire, St-Fons/Vénissieux, Ecully/Limonest, Anse/Lamure sur Azergue /Le Bois d’Oingt, Villefranche sur Saône et à Lyon sur les 1er, 4ème, 5ème, 7ème, 8ème et 9ème arrondissements.