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EXCELLENCE MÉTROPOLITAINE : GROS PLANS
 
 
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Comment s'éclairent nos nuits urbaines ?


La place de la lumière dans les villes

Références(s) : Agenda métropolitain Lyon - Saint Etienne / Hiver 2005.
Auteur : Florence Le Nulzec

Chaque saison, le réseau de veille Lyon - Saint Etienne décrypte les dynamiques métropolitaines à travers quatre Gros Plans.
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Quelques jours par an, la Fête des Lumières illumine la ville de Lyon. Au croisement de l’événementiel et des mises en lumière pérennes, elle met l’accent sur le spectacle de nuit et pose un regard différent sur notre environnement de citadins. C’est aussi l’occasion de se réinterroger sur la place de la lumière dans nos villes. Éclairage public, mise en valeur du patrimoine, plan lumière et/ou Schémas Directeur Lumière (SDL) ; après un siècle de quasi stagnation dans le mode d’éclairage, une évolution brutale s’opère à la fin du XXe siècle ! Ces différentes approches cohabitent aujourd’hui de plus en plus, les derniers permettant de réinterroger le premier. Comment évolue l’éclairage public aujourd’hui, au regard des réflexions entamées il y a une vingtaine d’année avec la valorisation patrimoniale, puis les plans lumière ? Qui sont les acteurs, quelle place pour chacun, quelles évolutions ? Et quel avenir pour Lyon, ville d’expérimentation et de savoir-faire, quel renouvellement de sa démarche lumière ?


Qu’est-ce qui se cache derrière la fête ?
La fête des Lumières (7-10 déc.), c’est une cinquantaine d’associations et d’artistes qui illuminent la ville le temps de quelques soirées chaque année autour du 8 décembre.
On a pu ainsi redécouvrir les couleurs anciennes des églises grâce à un éclairage chromatique, à l’exemple de l’église Saint-Nizier. La façade de l’hôtel de ville ou la fontaine des Jacobins ont été transformées par des éclairages inattendus. En 2004, a été inaugurée une fresque lumineuse, qui a reçu le trophée lumière. Alliance d’une scénographie dynamique de F. Schuitten et de techniques lumières, elle a été mise en œuvre par la Cité de la Création. Pour la septième année consécutive, la galerie Tator initie à l’occasion de la fête des Lumières une démarche originale de valorisation des vitrines des commerçants et artisans du quartier de la Guillotière (8-10 déc.).
Chaque année, la Fête des Lumières est aussi l’occasion d’inaugurer les nouvelles mises en lumière du plan lumière, de tester des installations et de nouveaux savoir-faire, d’expérimenter.
En 2005, la fête se recentre sur le lien entre espace urbain et vie de la cité : douze scénographies monumentales sont prévues le long des axes structurants de la ville, ainsi que des parcours lumineux.  


Des professionnels pour y travailler
Les acteurs économiques ne sont pas en reste, avec un club des partenaires de la Fête des Lumières et les rencontres professionnelles de la lumière (8-9 déc.). Et cette année, une demi-journée sera consacrée, lors de ces rencontres, à la place d’une fête lumière dans les stratégies des agglomérations.
La région lyonnaise est riche d’acteurs économiques qui travaillent à l’éclairage et la mise en lumière de la ville. A commencer par Philips qui crée en 1996 l’OLAC, « site de simulation qui présente […] les solutions concrètes que la technologie et la compétence éclairage proposent aujourd’hui ». Il « reçoit quelques 2500 visiteurs par an venus du monde entier » (plus de trente pays), « élus, techniciens des collectivités, installateurs et plus récemment investisseurs ».
Dans une étude récente, la Chambre de Commerce et d’Industrie recense plus de 300 entreprises régionales intervenant dans ce secteur d’activité. En majorité en fabrication, mais aussi en installation, elles s’organisent progressivement en filière, mettant l’accent sur la recherche et développement, et les formations ciblées sur ces besoins se multiplient (une vingtaine d’organismes en Rhône-Alpes). Cette dynamique doit beaucoup aux éclairagistes et concepteurs lumière, nombreux dans la région (une trentaine d’entreprises) et à l’origine des approches de la mise en lumière de la ville développées depuis une trentaine d’années.  


Une évolution dans l’utilisation de la lumière en ville
Sous l’impulsion de ces concepteurs/architectes lumière, une réflexion sur l’éclairage urbain se réinvente.
Dès le début du 20è siècle, les candélabres illuminent la nuit les grandes avenues, puis toutes les artères de la ville. Comme dit A. Guilhot, « la fée électricité a permis de gagner un espace de temps sur la nuit, elle a donné une existence et une consistance à la vie nocturne ». Avant le milieu du siècle, des expériences de mise en valeur de sites et de spectacles « son et lumières » sont menées ici ou là à titre exceptionnel.
Mais c’est à la fin des années 80 que s’est développée la réflexion sur la valorisation du patrimoine par la lumière : illumination de tel ou tel bâtiment, espace public, façade, etc. Et Lyon a été de celles qui ont donné l’exemple avec l’illumination de la basilique de Fourvière à l’occasion de la venue du Pape, puis le premier plan lumière en 1989 qui s’appuie sur « une demande d’éclairage public […] très réfléchie. On s’est questionné sur pourquoi et comment on éclaire la ville » selon M. Fontoynont. Ce premier plan lumière inaugure l’aire de la « dynamique de la lumière, qui peut donner une respiration à la ville ».  


Lyon, site pilote ?
Les politiques ont très tôt porté ces nouvelles approches de l’usage de la lumière urbaine. Ils ont été des acteurs essentiels des transformations et sont aujourd’hui demandeurs d’une autre façon d’éclairer la ville. Et « Lyon a su prendre des risques pour jouer les villes pilotes en s’appuyant sur des concepteurs lumière » et « des services techniques compétents » ; elle compte « aujourd’hui des spécialistes lumière qui s’exportent ».
On assiste depuis 15 ans à la multiplication des expériences de mise en lumière, de préparation de plan lumière et Schéma Directeur Lumière (SDL). Lyon est d’ailleurs à l’origine de l’association LUCI (Lightning Urban Community International) fondée en 2002 autour d’une quinzaine de ville et qui s’ouvre ensuite aux partenaires de la lumière urbaine. Elle compte aujourd’hui plus de 50 membres, dont une quarantaine de villes des cinq continents, des concepteurs, fabricants et associations.
Cependant, « si Lyon veut rester pilote, elle doit être le site de référence où les industriels du monde entier viendront tester leurs nouveautés » nous dit le club des partenaires de la Fête des Lumières. Aujourd’hui, sur ce thème de la lumière, un des grands enjeux pour l’agglomération est de rester un lieu d’initiative et d’expérimentation grandeur nature. « Il faut travailler de façon ouverte avec les partenaires privés, les experts et les communes des autres pays, en exploration et en validation des solutions techniques ».  


Une nouvelle génération de Plans Lumière
Avec cette perspective, Lyon a présenté son nouveau Plan Lumière fin 2004 qui met l’accent sur la création, les nouvelles possibilités techniques, une meilleure utilisation de la lumière, un soucis de développement urbain et social, la réduction des consommations énergétiques et de l’excès d’éclairage, que l’on assimile aujourd’hui à des formes de pollution nocturne. Son élaboration a rassemblé de nombreux partenaires et il se met en place progressivement, différenciant les grands paysages porteurs de l’identité collective de la ville des mises en lumières locales de quartiers.
Et, à l’heure où l’idée d’une métropole Lyon - Saint-Etienne prend forme, la grande nouveauté est stéphanoise. Pour la 1ère fois en France (et peut-être dans le monde), une agglomération mène une réflexion sur l’utilisation de l’éclairage et des lumières à l’échelle des 43 communes. La Charte Lumière se propose de guider les communes dans leur mise en lumière citadines, avec des propositions différenciées selon les échelles (communes rurales, urbaines, centre d’agglomération). Le Plan Lumière s’oriente vers une mise en ombre/lumière des « points remarquables » : les entrées de l’agglomération, les belvédères, les croisements de flux (ponts). Et les élus réfléchissent à une fête de la Sainte-Barbe (4 déc.), fête de l’ombre, qui précèderait la SaintéLyon (4-5 déc.) où l’on court dans la nuit avec sa petite lumière sur le front pour arriver à Lyon, à la veille de la Fête des Lumières.  


Des outils nouveaux pour éclairer et économiser
Si les approches de l’éclairage de l’espace urbain évoluent, c’est aussi que les concepts et techniques évoluent. L’exposition « rêves de lumières » (28 nov.-10 déc.) permettra de sensibiliser le grand public aux techniques de l’éclairage dans nos vies quotidiennes. Et puis, hasard ou coïncidence ? C’est durant la Fête des Lumières que se tiendra le troisième colloque sur les matériaux du génie électrique (8-9 déc.).
Les nouvelles technologies (lampes électroluminescentes [LED], à induction, etc.) permettent de cibler les objets à rendre visible la nuit. Sur un point isolé, un belvédère par exemple, l’utilisation de lampes longue durée de couleurs, alimentées par un panneau solaire, permet en même temps de préserver une pénombre relative tout en ne coûtant presque rien en fonctionnement. On peut aussi minimiser les interventions de maintenance (durée de vie plus longue des matériels) et diviser par deux la consommation (moindre puissance nécessaire pour le même éclairement). Enfin, « on cherche les moyens d’optimiser les coûts d’installation grâce à des systèmes de télégestion et de gradation » dixit B. Amiot.
De plus, une gestion mieux adaptée aux différents temps et lieux nocturnes permet de minimiser les nuisances pour les habitants. Aujourd’hui, lorsqu’une source de lumière, mal utilisée, éclaire là où elle ne devrait pas (le ciel particulièrement !), on parle de pollution lumineuse. Pour y remédier, des solutions simples : une orientation adaptée, en direction uniquement de la façade à éclairer par exemple ; dans un quartier résidentiel, l’installation de lampadaires plats, à hauteur d’homme et dirigés vers le trottoir pour les piétons, un peu plus haut pour les véhicules et la chaussée. Sur une route, les matériaux rétro-réfléchissants sont préférables à une installation de candélabres : ils produisent l’éclairage suffisant au repérage, ce uniquement au passage des véhicules (eux-mêmes apportant la lumière nécessaire) et sont d’un entretien minimum. Une vraie révolution du bon sens !  


La lumière contribue aussi au bien-être
La recherche se penche sur les usages de la lumière dans l’espace quotidien. La lumière ne sert pas seulement à éclairer, elle est aussi utilisée pour soigner : laser, éclairage des hôpitaux ou exposition à une lumière artificielle puissante une demi heure quotidienne pendant huit jour pour soigner les dépressions saisonnières. Travaillée et diffusée autrement, elle permet d’offrir de meilleures conditions de « productivité » : recherche sur l’éclairage dans les écoles pour favoriser le bon apprentissage et sur les lieux de travail pour une moindre fatigue visuelle notamment. Mais aussi des changements d’approches font évoluer les concepts. Par exemple, l’éclairage public actuel est tellement puissant que les contrastes sont énormes entre zones d’ombre et de lumière. Du coup, cela crée, en creux, plus de sentiment d’insécurité. Et l’on sait dire aujourd’hui qu’une lumière moins puissante, mais plus ciblée, laisse des zones de pénombres plus lisibles et favorise le croisement, la rencontre, sans qu’on se sente agressé quand on pénètre dans une zone plus éclairée. Moins d’agressivité c’est possible par un autre éclairage, plus nuancé, favorisant ainsi la sociabilité, l’aisance des déplacements dans l’espace nocturne, sans rupture brutale entre ombre et lumière. Plus encore, le vieillissement de la population et la place plus grande faite aux handicapés dans les préoccupations collectives fait prendre conscience de besoins différents en matière d’éclairage urbain. En 1999, une table ronde de l’association française de l’éclairage (AFE) sur le thème des mal voyants concluait au besoin d’expérimenter et de développer des solutions adaptées. Une expérience en cours avenue Foch à Lyon fera l’objet d’une restitution lors des prochaines rencontres professionnelles de décembre. Un nouvel enjeux pour l’avenir : adapter l’éclairage pour le rendre plus agréable à vivre !  



(© Photothèque Grand Lyon - Lyon, Place de la Comédie)
... sur millenaire3
> La fresque lumière : une porte vers le troisième millénaire (Initiatives)

> Marc FONTOYNONT : "Si l’on veut que Lyon reste l’incontournable « ville lumières », elle doit être le site de référence où les industriels du monde entier viendront tester leurs nouveautés. La ville doit être un gigantesque laboratoire…" (Interviews)

> Philips OLAC (Outdoor Lighting Application Centre) (Acteurs)

> B.AMIOT :"PHILIPS au travers de son site OLAC et de son savoir faire, aide les entreprises à être autre chose que de « simples électriciens poseurs de fil et d’ampoules »,à acquérir une certaine sensibilité artistique et une perception de la lumière ..." (Interviews)

> Une étude de qualification de la filière éclairage en Rhône-Alpes (Initiatives)

> IAE – Institut d’Administration des Entreprises de Lyon ; Université Jean Moulin Lyon 3 (Institutions)

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> Alain GUILHOT : "J’avais imaginé entre autres un ballet de montgolfières lumineuses dans le ciel de Lyon" (Interviews)

> Lumières architecturales en France (Ouvrages)

> Le MAT’Electrique (Acteurs)

> QELE (Initiatives)

> 15 années d'expériences du plan lumière, rétrospective lyonnaise et perspectives... (Synthèses)

> L'identité lyonnaise entre performance et renouvellement (Chronologies)

> La politique de mise en lumière de l’agglomération stéphanoise (Initiatives)


Fiche actualisée le : 13/12/2005
 
Fiche indéxée dans :
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