Collectif né à Paris en 2005 suite aux actions massives de barbouillage dans les métros et à leur répression, Les Déboulonneurs se sont développés dans différentes villes de France comme Rouen, Le Mans, Montpellier, Paris, La Rochelle, Alès, Lille, et à Lyon depuis février 2006. L’objectif est de déboulonner la publicité, c’est-à-dire de la faire tomber de son piédestal, de détruire son prestige. Non pas de la supprimer, mais de la mettre à sa place, pour qu’elle soit un outil d’information au service de toutes les activités humaines.
Le collectif revendique avant tout un changement législatif. La loi de 1979 qui réglemente aujourd’hui l’affichage extérieur est trop laxiste et illisible. Elle permet aux afficheurs de poser des panneaux de très grandes dimensions (jusqu’à 16m²) dans un très grand nombre d’endroits, notamment dans les zones urbaines et périurbaines. De plus une multitude de règles, de cas particuliers et d’amendements rendent cette loi incompréhensible pour le plus grand nombre. Enfin, cette loi est très souvent bafouée : un tiers des panneaux seraient illégaux et Paysages de France estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre des panneaux et enseignes en infraction. Ainsi le collectif des Déboulonneurs demande une loi à la fois restrictive et compréhensible par tous, avec notamment une taille maximale de 50x70 cm par affiche, sur des dispositifs non lumineux, non animés, de 2m² maximum, et en nombre limité, fonction du nombre d’habitants de chaque commune. Une première étape vers cette nouvelle loi serait que chaque commune se dote d’un règlement local de publicité qui comporte de telles mesures limitatives, permettant de préserver la liberté de communication commerciale sans pour autant envahir l’espace public.
Pour sensibiliser les élus et le grand public, le collectif des Déboulonneurs invite les citoyens à une action non-violente de désobéissance civile qui consiste à barbouiller les panneaux publicitaires de messages qui soulignent la nocivité de la publicité. Cette action, contre le système publicitaire et notamment l’affichage, se répète chaque 4ème vendredi du mois (ou les jours suivants). Pour les Déboulonneurs, ce type de revendication devient légitime du fait de la démission des pouvoirs publics face au pouvoir des afficheurs et de l’inefficacité de l’ensemble des recours légaux. À Lyon, suite aux premières actions de barbouillage, deux barbouilleurs ont comparu devant le tribunal de police de Lyon en mai 2007, et un autre procès a eu lieu pour des faits similaires, le 4 juin, au tribunal correctionnel. Le procès du 2 mai s’est soldé par une victoire pour le collectif : pour la première fois de l’histoire des Déboulonneurs, le juge a prononcé une dispense de peine.
Remarque : Le collectif des Déboulonneurs est soutenu par Paysages de France, SUD éducation, les Casseurs de Pub, le Mouvement pour une alternative non violente (MAN), Résistance à l’agression publicitaire (RAP), le groupe des verts du Rhône, des élus PCF et des personnalités comme Bernard Lamizet, sociologue de l’espace public, professeur à l’IEP, Lorenzi Nerino, décorateur publicitaire, Albert Levy, magistrat au Parquet de Lyon, Elisabeth Maheu, formatrice en IUFM, auteur de "Sanctionner sans punir" ou encore Philippe Meirieu.