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FONCTIONS MÉTROPOLITAINES, RAYONNEMENT ET ATTRACTIVITÉ : INTERVIEWS
 
 
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Bernard LAGET : "Dual Design" : Une réponse aux nouvelles attentes du secteur industriel

Interview avec Bernard Laget, directeur de l’ENISE. Propos recueillis par Gilles Cayuela.

Date : 01/06/2006

Depuis 2002, l’ENISE et l’Ecole des Beaux-Arts proposent une formation commune (BAC + 6) aux ingénieurs et aux designers. Intitulée Master « Dual Design », cette spécialisation post diplôme vise à faire travailler en binôme des designers et des ingénieurs. Pour Bernard Laget, directeur de l’ENISE, la mise en place de cette formation répond aux nouvelles attentes du secteur industriel. C’est aussi le témoin d’une nouvelle dynamique économique pour l’agglomération stéphanoise.
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Comment est née l’idée d’un Master « Dual Design » ?
Le diplôme « Dual Design »  a vu le jour en 2002. Il est né d’une collaboration de longue date entre l’ENISE et l’Ecole des Beaux-Arts, dirigée à l’époque par Jacques Bonnaval. Nous nous étions rendu compte que dans les grandes entreprises, les ingénieurs et les designers étaient souvent amenés à travailler ensemble sur la conception d’un produit. Nous avons donc eu l’idée de mettre en place une spécialisation post diplôme, commune aux deux écoles, pour apporter une compétence supplémentaire à nos étudiants et faciliter ainsi leur entrée dans la vie active. Et cela marche puisque l’un des diplômés de la première promotion « Dual Design » est aujourd’hui responsable du design intérieur de l’airbus A 380.


C’était aussi une façon d’encrer un peu plus l’enseignement et la formation stéphanoise dans la dynamique design impulsée par la Biennale depuis 1998 ?
La dynamique design a débuté à Saint-Etienne bien avant la Biennale. Et notamment dans le domaine de l’enseignement ! L’ENISE et l’Ecole des Beaux-Arts avaient déjà mis en place un bout d’enseignement commun il y a une quinzaine d’années. Certes, cet enseignement était moins ciblé que ne l’est aujourd’hui « Dual Design », mais cela montre que nous avions déjà une volonté de coopération, d’associer nos compétences. En outre, il ne faut pas oublier que le design appliqué à l’activité industrielle est une vieille tradition stéphanoise. Les armes, le cycle… à l’époque cela ne s’appelait pas du design et pourtant cela en était déjà. Les stéphanois faisaient du design un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, c’est-à-dire sans le savoir. C’est en ce sens que Saint-Etienne peut revendiquer et légitimer sa démarche design. Après, il y a eu une volonté politique forte de la part de Michel Thiollière de rebondir sur l’événement Biennale pour faire du design un véritable moteur de reconversion économique du bassin stéphanois.


Cette volonté politique correspond aussi à une réalité économique !
C’est effectivement une réalité économique ! Aujourd’hui pour conserver leurs marchés, nos entreprises doivent répondre aux attentes de leurs clients et de ce fait intégrer de plus en plus la dimension design dans leur processus de fabrication. Une entreprise comme Clextral, leader mondial de l’extrusion, travaille énormément avec le secteur agroalimentaire. Les machines qu’elle exporte dans le monde entier doivent tenir compte des nouvelles attentes du secteur. Elle doivent êtes fonctionnelles, mais aussi esthétiques car elles participent à l’image de l’entreprise qui les utilisent. Certains designers professionnels vous diront qu’il ne s’agit pas de design. Pour moi, chercher à répondre aux nouvelles attentes des clients et des consommateurs, c’est en soi une démarche design. Idem pour le fabricant de nacelles élévatrices Pinguely Houlotte. Les dernières nacelles qui sont arrivés sur le marché tiennent compte de la dimension esthétique et ergonomique. La démarche design est donc devenue un paramètre essentiel dans le secteur des biens de production et d’équipements industriels.


La Biennale et le projet de Cité du design n’ont-ils pas quelque peu « boosté » la prise de conscience des entreprises de l’importance du design dans le secteur industriel ?
Certainement. Après, il est difficile d’en mesurer l’impact réel, comme il est difficile de quantifier la démarche design dans le processus de production des entreprises. Il serait d’ailleurs intéressant de mettre en place des outils qui permettent de mieux appréhender la question, de voir pour quels biens de production et d’équipements, la démarche consommateur (esthétique, ergonomie…) a été prise en compte. Ce sera peut-être l’une des pistes de travail de la Cité du Design.


En l’absence d’indicateurs chiffrés, peut-on tout de même parler d’une véritable dynamique design dans l’agglomération stéphanoise ?
C’est évident ! Même si à ce jour nous n’avons pas d’indicateurs quantitatifs, nous voyons bien que de plus en plus d’entreprises intègrent la démarche design au sein de leur stratégie de développement. Pour notre tissu économique, composé essentiellement de PME-PMI, c’est une question de survie. Je crois que les chefs d’entreprises l’ont bien compris. En outre, avec la Cité du Design, notre agglomération va se doter d’un outil d’anticipation performant pour les entreprises. Le fait que Idestyle, bureau d’étude spécialisé dans la recherche, l’innovation et le design, se soit installé récemment sur le site Giat Saint-Chamond n’est pas neutre non plus. Ce n’est pas pour faire plaisir à la municipalité ou à Saint-Etienne Métropole !



Téléchargements
> Bernard_Laget.pdf (pdf-37ko)
Fiche actualisée le : 03/10/2006
 
Fiche indéxée dans :
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