Histoire et définition :
Les Parcs Nationaux américains ont été créés pour « inspirer aux citoyens la compréhension et la révérence de leur patrimoine naturel ». En 1957, Freeman Tilden réalise un audit pour les services d’éducation des P.N. américains, son rapport devient un livre « Interpreting our heritage » : « Interprétons notre patrimoine ».
L’interprétation est l’art de communiquer la signification (les informations) et la valeur d’un site ( l’âme du lieu) à ceux qui le visitent. Chaque visiteur crée un lien affectif avec le site au cours des séquences proposées par l’interprète. [interpréter = trouver un langage pour transmettre]
La méthode arrive en France grâce à Jean-Pierre Bringer (de l’ATEN : Ateliers Techniques des Espaces Naturels) qui rédige un article sur l’interprétation aux E.U., en 1980.
N.B. : Le plan d’interprétation est la mise en commun de l’ensemble des différents outils afin d’aboutir à un ensemble cohérent : films, panneaux, visite guidée, spectacles.
Méthodologie :
Freeman Tilden, précurseur de l’interprétation, présente six principes de base :
→ Toute interprétation qui n’en appelle pas à un trait de la personnalité du visiteur ou de son expérience est stérile.
L’interprète s’adresse à un public varié (âge, profession, origine, cadre de vie). Les approches sont donc variées ainsi que le contenu : connaissances scientifiques, savoirs populaires, vécu personnel sur des aspects naturalistes, historiques, culturels liés au site. Il s’adresse à la raison mais aussi à l’imaginaire : contes, mythes, légendes.
→ L’information seule n’est pas l’interprétation, elle fait appel à l’émotion.
Pour faire naître l’émotion, il faut goûter ou sentir, jouer et faire, évoquer un souvenir, être surpris, participer et partager une expérience.
→ Interpréter est un art qui en combine d’autres.
L’interprétation crée des liens affectifs entre l’interprète, le lieu et le visiteur.
→ L’interprétation cherche à provoquer plutôt qu’à instruire.
Le but de l’interprète n’est pas de renseigner mais de surprendre, de faire réagir. Le visiteur est amené progressivement vers l’émotion, suscitée par un objet, un souvenir ou une action, appelés la perle (méthode de L.Espinassous, formateur en interprétation personnalisée). Chaque séquence (10 à 15 minutes) est construite autour de cette perle qui va provoquer une émotion chez le visiteur.
→ L’interprétation doit tenter de présenter un tout plutôt qu’une partie.
L’interprète présente les multiples facettes d’un site : ses significations et ses valeurs. Les séquences variées et nombreuses permettent de s’adresser à chaque individu du groupe, chacun repart avec sa perle.
→ L’interprétation pour les enfants ne doit pas être une dilution de celle qu’on présente aux adultes, elle doit suivre une voie fondamentalement différente.
Ce principe est le plus contesté. En effet, certains interprètes utilisent une méthode similaire pour les adultes et les enfants.
Balades sensorielles
Définition :
La balade sensorielle illustre une réflexion de l’Education à l’Environnement : " C'est l'expérience et non l'animateur qui enseigne" (Susan Coudel). Au cours de la balade sensorielle, l’animateur organise des moments de rencontre active entre l’homme et son environnement.
Les visiteurs utilisent leurs différents sens. De plus, ils réalisent des objets (musique verte, peinture naturelle, vannerie et ficelles). Elle peut être ludique.
L’éveil sensoriel de l’élève à l’environnement naturel est une première étape vers l’éducation à l’environnement global. La balade sensorielle est l’occasion d’acquérir de bons comportements dans la nature.
N.B. : La balade de Sylvanie (Susan Coudel) combine une approche sensorielle à une approche conceptuelle, pour découvrir l’écologie.
Exemples d’activités :
→ On goûte la nature : des bourgeons, des fougères, des larves de cynips.
→ On sent des odeurs particulières (associées à des histoires populaires), on crée des parfums (« boîte à parfum »).
→ On fait des tableaux avec les pigments naturels, on parcourt « le sentier des objets camouflés ».
→ On rentre en contact avec un arbre (« Arbre mon ami ») et avec d’autres éléments naturels pour développer le toucher (« kim toucher »).
→ On réalise des « cartes sons » pour apprendre à écouter. On fait « la chenille » : on circule les yeux bandés sur un chemin forestier puis on dessine ce qu’on a entendu et ressenti (lumière, humidité).
BIBLIOGRAPHIE
Interprétation
- « Concepts et démarches de l’interprétation »
J. P. Bringer - Atelier Technique des Espaces Naturels, 1988 - 66 p.
A partir de la documentation américaine, canadienne et anglaise, présentation générale du concept d’interprétation et de ses principales implications : origine, principe de base, méthode de planification, principaux moyens d’expression utilisés.
- « Emerveillement et découverte de la nature»
L. Espinassous, Parc National des Pyrénées, 59, route de Pau, 65000 Tarbes.
Différentes approches centrées sur le milieu.
- www.aqip.ca Association québecoise d’interprétation du patrimoine
- www.ubapar.org Stage d’interprétation personnalisée
Balade sensorielle
- Cahiers pédagogiques N°374 – « Des sens à la sensibilité : quelle éducation ? »
Coordonné par Alain Bouillet, Mai 1999
- « Le guide de l'éducateur-nature »
Philippe Vaquette, Le souffle d'or, 1987. Recueil d'animations sensorielles largement pratiquées.
- « Balades Nature, pour découvrir six concepts écologiques fondamentaux »
Susan Coudel
- « Marches de sensibilisation à la Terre »
S. Van Matre, Institut pour l'Education à la Terre