L’ANECAH est une association Loi 1901 sans but lucratif fondée en 1989 qui a pour mission d’éduquer et d’offrir des chiens d’assistance à des personnes atteintes d’un handicap moteur. Ses éducateurs canins, formés aux méthodes américaines de la Canine Companions for Independance (CCI) élaborées au début des années 1970, apprennent aux chiens à exécuter les ordres qui peuvent aider un handicapé en fauteuil roulant (un enfant souffrant d’une maladie neuromusculaire, par exemple) dans sa vie quotidienne. Cette assistance pratique qui permet de gagner en autonomie est d’autant plus précieuse qu’elle ouvre des perspectives d’intégration sociale certaines : on dit que le « chien masque le fauteuil », en ce qu’il favorise les échanges entre la personne handicapée et les valides.
Le travail accompli par l’ANECAH se déroule en plusieurs étapes, de la sélection des chiots à la passation des chiens formés aux personnes handicapées. C’est d’abord en famille d’accueil que les chiots soigneusement choisis sont pré-éduqués (premières règles d’obéissance, propreté, familiarisation avec l’homme et la ville), avant d’être admis, s’ils ne présentent pas de tares physiques et comportementales, au centre de formation ; là, ils intègrent en 6 mois leur métier de chiens d’assistance, fondé sur des déplacements et mouvements particuliers (marche à hauteur du fauteuil, marche à reculons devant le fauteuil, maintien d’une position donnée) et une série de 53 tâches précises, adaptées à l’univers quotidien, intérieur et extérieur, d’un handicapé (ramasser et rapporter tout objet hors de portée de la personne ; ouvrir et fermer les portes d’entrée et de placards ; effectuer une transaction avec un commerçant ; aboyer sur commande pour alarmer l’entourage ; aller chercher un téléphone sans fil, etc.). La remise d’un chien d’assistance ne se fait qu’à la suite d’un stage de formation de deux semaines où la personne handicapée apprend à faire travailler son animal et à en être responsable en toutes circonstances – ce pourquoi les candidatures retenues sont limitées aux personnes réellement motivées par la présence d’un chien à leur côté et capables de le prendre en charge et de le conduire de manière autonome (il leur faut un bras semi-valide, un minimum d’élocution). Cependant, l’ANECAH remet aussi des chiens dits non plus « d’assistance » mais « sociaux » à des personnes plus dépendantes, touchées par un handicap moteur très lourd, accompagnées d’un tiers (membre de la famille, éducateur) à qui revient l’obligation de suivre le stage de passation.
En France, 1 million et demi de personnes souffrent d’un handicap moteur nécessitant l’utilisation d’un fauteuil roulant ; 500 d’entre elles possèdent un chien d’assistance. Actuellement, l’ANECAH remet, au niveau national, plus de 50 chiens par an formés sur trois centres (un quatrième est en cours de création) ; le Centre de Marcy l’Etoile en offre 25 par an (soit 150 chiens remis depuis le début de son fonctionnement). D’une manière générale, les personnes qui en font la demande doivent patienter deux ans pour obtenir un chien d’assistance. L’éducation de chaque animal représente un coût de 11.500 euros environ ; l’ANECAH, qui ne vend pas ses chiens mais les remet gratuitement aux personnes handicapées, fonctionne grâce à la générosité du public (dons, legs) et au concours de nombreux partenaires.
Le Centre de formation de Marcy l’Etoile, qui emploie 7 personnes, est soutenu par l’Ecole nationale vétérinaire de Lyon, le Conseil régional Rhône-Alpes, le Conseil général du Rhône, la Ville de Lyon et des associations privées (Masterfoods, association des Docteurs Bru, Fondation N.R.J. - Institut de France), et compte sur une centaine de familles d’accueil bénévoles pour la pré-éducation