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PATRIMOINE ET IDENTITÉ : INTERVIEWS
 
 
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Alain MERIEUX : "Ce musée permet aux habitants du Grand Lyon de se réapproprier une partie de l’histoire industrielle et médicale de l’agglomération."

Mots-clé : patrimoine industriel- valorisation-

Date : 27/05/2008

Interview de Alain Mérieux, Président de bioMérieux
Entretien réalisé le 27 mai par Laure Bornarel.



Avec l’ouverture du Musée Mérieux à Marcy l’Etoile, vous avez eu une démarche pionnière de valorisation du patrimoine industriel de l’agglomération lyonnaise. Quel a été le contexte de création ?
L’historique est très simple. Le maire de Marcy l’Etoile est venu me proposer de construire un musée pour y retracer l’histoire de notre famille. J’ai trouvé l’idée excellente ! Je lui ai suggéré d’utiliser une maison existante, celle de l’ancien blanchisseur de l’Institut Mérieux, devenue depuis propriété de la commune. De fil en aiguille, le projet s’est monté, avec le soutien de la Fondation Mérieux, de Sanofi Pasteur, bioMérieux, la Région Rhône-Alpes et en particulier ma sœur, Mme Nicole de Beublain. Le bâtiment choisi étant l’une des rares maisons restantes du 19e siècle, nous avons apporté un soin tout particulier à la qualité de sa restauration, en respectant la tradition ancienne du village.

Qu’avez-vous voulu mettre en valeur dans ce musée ?
Depuis la fin du 19e siècle, l’histoire de ma famille est liée à l’épopée bioindustrielle. Marcel Mérieux, mon grand-père, en est à l’origine. Des premières découvertes pasteuriennes au démarrage de l’Institut Mérieux, il est le premier à avoir instauré des passerelles entre médecine vétérinaire et médecine humaine, entre milieu hospitalier et milieu industriel… Ce rôle de précurseur a été amplifié par mon père, le Dr Charles Mérieux, à qui l’on doit, entre autres, la création de l’Institut français de la fièvre aphteuse à Gerland en 1947 et une ouverture industrielle à l’internationale. L’Institut Mérieux s’est scindé en plusieurs groupes, bioMérieux, Sanofi Pasteur, Mérial… Nous avons réussi à produire suffisamment de vaccins pour stopper l’épidémie de méningite qui ravageait le Brésil en 1974. Cela a favorisé l’impulsion d’un élan humanitaire sur Lyon, conforté par la création de la Fondation Mérieux, de Bioforce, de Bioport... Enfin, mon fils Christophe, médecin également, a présidé à la  constitution de Lyonbiopole, pôle de compétitivité en infectiologie. Ces principales étapes de l’épopée familiale sont ainsi directement mises en relation avec les grandes découvertes scientifiques et médicales. Les risques sanitaires des maladies infectieuses et les conséquences géopolitiques qui en découlent sont aussi illustrées. Ce musée a donc une vocation pédagogique, tout en permettant aux habitants du Grand Lyon de se réapproprier une partie de l’histoire industrielle et médicale de l’agglomération.

Les entreprises qui ont assuré le financement du musée l’utilisent-elles pour leurs visiteurs extérieurs ?
Bien sûr. L’ouverture du musée est assez récente, elle date de moins d’un an, mais nous comptons bien optimiser son existence, notamment au niveau du tourisme d’entreprise. Il serait possible d’organiser un circuit pour le relier à une autre maison familiale, chapeautée par la Fondation Marius Berliet, qui regroupe tout le patrimoine industriel automobile depuis sa création.

Ne serait-ce pas intéressant de lancer un circuit touristique de grande ampleur montrant l’ensemble du patrimoine industriel de l’agglomération lyonnaise ?
Oui, surtout qu’il faut profiter de la présence des anciens collaborateurs, très mobilisés et prêts à s’investir dans ce type d’initiative. Ce sont eux qui ont la mémoire du passé et l’enthousiasme de transmettre ce qu’ils ont vécu. 



Téléchargements
> AlainMerieux_2008.pdf (pdf-29ko)
Fiche actualisée le : 12/06/2008
 
Fiche indéxée dans :
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Société » Patrimoine et Identité »» Tourisme et Patrimoine
 
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