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ANIMATION ÉCONOMIQUE ET COMPÉTITIVITÉ DES ENTREPRISES
 
 
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Philippe GOUTHEZ : "En 1986, lorsque j’ai lancé mon activité, l’habillement marchait très bien et on n’entendait pas parler de textile technique. Nous étions les parents pauvres de l’industrie textile"

Interview de Philippe Gouthez – Président Directeur Général de Diatex.
Propos recueillis par Geoffroy Bing (Nova7) le 5 mars 2007.


Date : 05/03/2007

Diatex, fabricant de tissus techniques, fut fondée en 1986 à Lyon. Au départ orientée sur le secteur agricole, elle s’est peu à peu diversifiée aux secteurs de l’aéronautique, de l’agriculture, de l’aquaculture, des composites, de la filtration, du bâtiment, du médical et des sports & loisirs. Elle compte aujourd’hui 8 M€ (16M€ consolidés), 99 salariés (avec les filiales) et connaît une croissance à deux chiffres depuis dix ans. Diatex illustre la diversité des débouchés des textiles techniques.

Vous avez commencé dans le secteur agricole. Qu’est-ce que peut produire une entreprise de textile dans ce secteur ?
Plein de choses ! Le textile technique peut avoir une vertu fondamentale pour l’agriculture, comme la fonction de protection : protection contre le vent, contre les rayons du soleil ou les insectes. Nous produisons ainsi des toiles d’ombrages pour la mâche par exemple, des filets anti-grêle dont ont besoin les horticulteurs et les maraîchers ou des filets de récoltes pour éviter que les olives ou les châtaignes ne pourrissent au sol.


En quoi sont faits ces tissus ?
Ils sont fait en matières synthétiques : polyéthylène, polyamide, polyester ou fibres de verre. Ces différents matériaux leur confèrent une qualité de résistance aux UV, des propriétés isolantes tout en optimisant pour les plantes les conditions de leur croissance.


Du secteur agricole à celui de l’aéronautique, nous sommes quand même sur des marchés et des applications radicalement différents ! Comment parvenez-vous à ratisser aussi largement ?
D’une façon générale, nous vendons des matériaux qui ont une fonction, ce sont des outils ! Les propriétés isolantes d’un tissu technique par exemple peuvent être déclinées dans de multiples secteurs, agricole comme aéronautique. Dans tous les cas, les fonctions de nos produits répondent aux cahiers des charges spécifiques élaborés par nos clients. Le textile technique est en train de muter de l’industrie textile vers une industrie des matériaux en mixant des compétences techniques transversales non exclusivement spécialisées textiles.


Comme c’est le cas chez Diatex à travers votre Division «  Composites », non ?
En effet, notre Division « Composites » est née en 1991 à partir d’un développement textile technique. Nous fabriquons par exemple ce que l’on appelle des nids d’abeilles, en fibre meta-aramide et para-aramide auxquelles s’ajoutent d’autres matériaux, qui sont destinés à l’aéronautique ou à l’automobile. Aujourd’hui, la grande majorité des avions de 2-3 places sont faits en textile ! Les coques des voiliers également sont faits à partir de matériaux textiles plus légers et moins polluants. On retrouve aussi ces matériaux dans les gilets pare-balles ou dans les coques de formules 1.


Le secteur des textiles techniques connaît aujourd’hui une croissance à deux chiffres, ce qui vient compenser les difficultés du textile-habillement. Selon vous, les passerelles entre ces deux secteurs sont-elles nombreuses ?
En 1986, lorsque j’ai lancé mon activité, l’habillement marchait très bien et on n’entendait pas parler de textile technique. Nous étions les parents pauvres de l’industrie textile, il faut bien le dire. D’ailleurs, l’Unitex ne prêtait aucune attention à notre activité. Je pense que les acteurs de l’habillement n’ont pas vu arriver les textiles techniques. Ce sont deux mondes très différents. D’un côté, nous sommes dans le monde de l’apparat, de la mode, de l’autre, nous sommes dans la technicité, la fonctionnalité. Les acteurs de l’habillement se moquent un peu de la technicité ! Autrement dit, la reconversion de l’habillement dans le textile technique, je n’y crois pas vraiment, ce ne sont pas les mêmes métiers. Ou alors pour assurer cette reconversion, il faudrait renouveler les directions des entreprises de l’habillement. Il y a encore une forte inertie dans le secteur de l’habillement !


Le but de Techtera est précisément d’aider ce secteur à innover et à trouver de nouveaux marchés. Vous ne vous sentez pas concerné par cette démarche ?
Je ne vois pas ce que peut m’apporter Techtera. Je pense qu’il s’adresse en premier lieu aux entreprises de l’habillement comme vous le dîtes. Nous faisons notre propre R&D en interne pour répondre au mieux au cahier des charges de nos clients. Je ne sens pas le besoin (et ne trouve pas le temps) de m’associer avec des laboratoires. Ceci ne m’empêche pas du tout d’être en relation régulière avec l’IFTH, de recruter des élèves de l’ITECH et de jouer un rôle actif au sein de clubtex ! Mais ces relations ne s’inscrivent pas nécessairement, et en tous cas pas pour l’instant, dans le cadre d’un projet de développement labellisé par Techtera et elles fonctionnent très bien comme cela !


Quel regard portez-vous sur la région Rhône-Alpes dans le secteur du textile ?
Il y a une forte culture textile dans la région et toute la filière y est représentée, ce qui est un atout considérable. A quiconque veut se lancer dans l’activité textile, je lui dirais de s’installer en Rhône-Alpes, c’est ici qu’il a les meilleures garanties de réussite



Téléchargements
> Gouthez_Diatex.pdf (pdf-40ko)
Fiche actualisée le : 05/04/2007
 
Fiche indéxée dans :
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